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Les élèves parlent de leur visite à Auschwitz et Birkenau
Nous avons mené cette année le projet HMT (Histoire mémoire et transmission). Dans ce contexte, 52 élèves de terminale sont allé visiter les camps d’Auschwitz et de Birkenau, ainsi que la ville de Cracovie, les restes de son Ghetto, la place des héros, qui commémore l’histoire des déportés de Cracovie. Ils sont également passés devant l’usine d’Oscar Schindler, mise en scène dans le célèbre film « La liste de Schindler ».
Dans ce cadre, il a été demandé aux élèves de rédiger de petits articles afin de résumer ce séjour. L’objectif étant que chacun se sente responsable de la transmission de ses émotions, et puisse donner un petit aperçu des éléments marquants de ce séjour.
Le témoignage de Marie Ausseil, Clémence Huetz, Emma Hoën et Jeanne-Margot Dirand
Depuis notre plus jeune âge et nos premiers cours d’histoire, on nous parle d’un événement tragique qui a marqué l’humanité : la Shoah. Les chiffres, les faits, les images, les témoignages des victimes… Toutes ces connaissances que nous avons accumulées au fil des années laissaient entrevoir une horreur indicible. Pourtant, aucune lecture, aucun documentaire, aucune parole ne pouvait vraiment nous préparer à ce que nous allions ressentir lors de notre voyage à Auschwitz-Birkenau.
Lorsque ce projet de visite s’est concrétisé, nous avons immédiatement su que nous devions y aller. Ce n’était pas une excursion comme les autres, mais un devoir de mémoire, une volonté de voir de nos propres yeux cet endroit qui a vu disparaître plus d’un million de vies.
En franchissant les portes des camps, un silence pesant nous a envahis. Seuls nos pas résonnaient sur le sol gelé, comme si le lieu imposait de lui-même le respect et la contemplation. L’atmosphère y est unique, oppressante, empreinte d’une souffrance invisible mais présente à chaque recoin.
Auschwitz I nous a marqués par la précision avec laquelle les nazis ont orchestré leur entreprise d’extermination. Chaque bloc renferme des témoignages, des objets, des preuves de cette barbarie. L’un des espaces les plus glaçants fut celui des « preuves matérielles ». Ce terme même nous a interpellés : pourquoi devrait-on encore prouver l’existence de telles atrocités ? Pourtant, face à ces vitrines emplies de cheveux, de chaussures, de valises marquées d’un nom et d’une adresse, de vêtements d’enfants, d’ustensiles de cuisine, de lunettes abandonnées, il était impossible de douter. Chaque objet représentait une vie, une famille, un espoir brutalement anéanti.
Mais ce qui nous a sans doute le plus bouleversées, ce furent les chambres à gaz et les fours crématoires. Lieu de l’ultime injustice, où la dignité humaine était anéantie avec une froide efficacité. Face à ces murs qui ont vu des milliers de personnes suffoquer dans l’horreur, nous sommes restés figés. Les sanglots ont été inévitables. Comment concevoir une telle barbarie ? Comment l’homme a-t-il pu en arriver là ?
Avant de partir, nous avions une crainte : celle de ne pas revenir les mêmes. Et nous avions raison. Ce voyage a changé notre regard sur l’histoire, mais aussi sur notre présent.
Visiter Auschwitz-Birkenau, c’est comprendre, réaliser, s’indigner, mais aussi prendre conscience de la valeur de nos libertés. L’histoire que nous vivons aujourd’hui n’est pas exempte de tragédies, mais nous avons la chance d’aller à l’école librement, de pratiquer notre religion sans crainte, de ne pas redouter d’être persécutés pour ce que nous sommes.
Ce devoir de mémoire nous incombe à tous. Transmettre, témoigner, se souvenir pour que jamais l’histoire ne se répète.